Arrivés depuis près de 24 heures à Bengalore, Brewen et moi on ‘kiff’, comme disent les français! Pour deux gars travaillant dans la technologie de l’information, c’est très intéressant de visiter cette ville, ses infrastructures et ses compagnies hi-tech. En plus, la ville est propre (sans déchets), les gens sont éduqués, la plupart parlent anglais, pour plusieurs c’est même la langue maternelle.

Évidemment, comme pour tout en Inde, il y a un gros Cependant à cette euphorie de « technology geeks » que nous sommes. En fait, ça n’a pas seulement à voir avec Bengalore; nous avons semblables phénomènes à Delhi et Chennai. Mais, cet après-midi, après 30 minutes de rickshaw entre notre hôtel et une firme de programmeurs qu’on allait visiter, on a tellement respiré de vapeurs de gaz que tous les deux on se retrouve avec un mal de tête et un mal de gorge plutôt inquiétant. Pas inquiétant pour nous, bien que ce n’est certainement pas bon pour notre santé, on n’a pas l’intention de vivre près de ces grands artères. Mais plutôt inquiétant pour l’environnement. Ok, je sais que je fais un « greeny » de moi-même en disant ça mais lorsque ça t’affecte directement, je pense que c’est seulement là que tu réalises que la planète est en danger.

Souvent, lorsque je parle d’environnement avec des amis, on dit que ça prendra des catastrophes pour que nous comprenions et que nous réagissions au danger. On se dit que ça prendra des pays en entier « avec les pieds dans l’eau » pour qu’enfin on agisse. Ben ici, c’est pas les pieds dans l’eau qu’on a, mais le manque d’oxygène flagrant est tout aussi inquiétant. Ce qui est encore plus inquiétant c’est que les gens ne semblent pas réagir face à cette urgence. Quelques uns portent des masques, et si on regarde à plus long terme quelques entreprises automobiles ont développé des autos dites « vertes » mais sinon, rien n’indique qu’il y aura du changement.

Est-ce que ce sera trop peu trop tard? Si on regarde la vitesse à laquelle ils essaient de remédier à la situation peut-être que oui. Ce qui fait le plus peur c’est qu’il n’y a certainement pas que l’Inde qui est dans cette situation. Et pendant ce temps au Canada on fait la promotion d’une des industries les plus néfastes de la planète (les sables bitumineux)! Est-ce qu’il y a que moi que ça indigne?

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Ami: bonjour, bonsoir ou bonne nuit, tout dépendemment tu es où!

Voici une chanson que j’entends constamment dans une publicité à la télé… j’aime bien et la pub n’est pas mal non plus!

La compagnie c’est Hero Honda. Malheureusement je n’ai aucune idée de ce que ça signifie.

Lundi matin, 5am, on quitte notre hôtel à Jaipur pour se rendre à Chennai, au Tamil Nadu. Sept heures et un escale à Delhi plus tard, on arrive à Chennai, où nous sommes attendu par un monsieur qui oeuvre dans l’import-export et logistiques de transport. Il nous mène à son bureau et de là nous discutons une petite heure après quoi nous convenons de nous rencontrer à nouveau demain matin.

C’est connu, les indiens ont beaucoup de difficulté à dire non, par peur de décevoir me dit-on. Celui-ci est champion dans l’art de ne jamais dire non! Ainsi, tout ce qu’on lui demande, il peut le faire. Risqué vous dites? On le sait! Mais bon, somme toute une rencontre intéressante qui se termine en lui demandant s’il peut nous aider à trouver un hôtel dans le coin. On cherche un hôtel d’environ 800 à 1000 roupies la nuit, avec wifi. Et on insiste sur le wifi, c’est très important. Aucun problème encore une fois, il appelle un rickshaw, lui explique où il doit nous emmener et négocie le coût pour nous.

Dix minutes plus tard, on n’a aucune idée dans quel coin de Chennai on est mais on est devant un hôtel… à 2500 roupies la nuit… sans wifi! Voilà, rien ne va, c’est très important parce qu’on doit travailler une partie de la nuit et on ne peut se permettre de ne pas avoir le wifi. Et à 2500 roupies on est en droit d’espérer mieux  qu’un hôtel miteux. Notre chauffeur de rickshaw, bien rond, essaie de nous remmener dans son rickshaw pour nous mener à un autre hôtel. Cette fois-ci on ne prendra pas de chance et on trouvera un chauffeur sobre.

Malgré tout, merci aux conseils de notre nouvel ami qui ne sait dire non, on aura passé une heure à tourner en rond dans la ville à chercher un hôtel avec wifi. Je sais, à priori ça ne semble pas compliqué. Mais débarquez en plein milieu d’une ville indienne de 5 millions d’habitants dont vous ne connaissez absolument rien, sans map ni interprète, et essayez de vous trouver un hôtel… bonne chance!

Hey hey!

Voilà trois jours que nous sommes arrivés à Jaipur. Plusieurs rencontres intéressantes, dont une dans les bureaux du ministère de l’agriculture du Rajasthan. Très intéressant de voir le fonctionnement des gouvernements indiens, leurs supports aux entreprises et leurs stratégies pour développer l’économie, satisfaire la demande tout en essayant de controller l’offre.

Dommage que la température de cet état désertique de l’Inde soit une des plus élevées du pays, sinon je me verrais bien habiter ici. En ce moment on ne peut se plaindre: 25 le jour, l’air est bon et frais, et 5-10 la nuit. Beaucoup mieux que Delhi, où l’air pesant et pollué nous arrachait la gorge.

Cette nouvelle génération qui a soif d’apprendre…

Ceux qui ont suivi ce blogue en 2010 se rappellent sûrement des quelques billets au sujet des enfants, de leur désir d’apprendre et des sacrifices des parents pour envoyer les jeunes dans des écoles privées, le système publique étant déficient (c’est connu, tout le monde en parle et même le gouvernement en est conscient et le reconnait).

Mercredi dernier, du balcon de notre hôtel à Delhi, j’ai pu croquer cette image qui m’a rappelé pourquoi je suis tombé en amour avec ce pays il y a presque deux ans. Assis sur le toit d’un building, dans des conditions qui feraient  la Une du Journal de Montréal au Québec, il y avait ces jeunes enfants de 7, 8 ans tout au plus, qui faisaient leurs devoirs. Moi, ça me donne des papillons dans le ventre de voir que les jeunes d’aujourd’hui, la relève de demain, ont une soif d’apprendre qui malheureusement disparaît peu à peu dans les pays développés.


 

On quitte Jaipur demain, on attend la confirmation d’un rendez-vous à Delhi pour savoir si on y retourne, en train, ou si on quitte Jaipur en avion vers Chennai, cinquième ville de l’Inde, en avion. À bientôt!

 

 

 

Et oui, plusieurs d’entres vous le savaient, je suis de retour au pays des indiens depuis 2 jours maintenant! Franchement, je ne me rappelais pas à quel point c’est rock n’ roll! Mais bon, je compte profiter de cette aventure à fond et il me fera plaisir de partager ça avec vous via ce blogue!

C’est donc ici que je vous enverrai des nouvelles de mes aventures en Inde, d’où je serai basé pour le travail. Beaucoup de voyages dans les prochaines semaines, visites de nouvelles villes, au sud et au nord. J’aurai entre autre la chance de visiter Bengalore, Chennai, le Rajasthan (désert indien) et plusieurs autres coins perdus du sous-continent. Quoi de mieux que d’aller rencontrer des indiens dans les villages les plus arriérés de l’Inde pour vraiment vivre l’Inde à fond!

Pour le moment, je suis avec Brewen, un collègue de travail français, et nous logeons dans le très luxueux quartier de Pahar Ganj. Rien de mieux pour bien s’immuniser contre l’Inde. En fait, si vous pouvez apprécier Pahar Ganj vous pourrez passer à travers l’Inde! Voici un petit vidéo tourné ce matin du toit d’un hôtel où se situe le Everest Cafe:  http://youtu.be/JvdH1O68gLU. À mon arrivée, dimanche soir, nous sommes immédiatement allés prendre un chai dans un petit restaurant pas trop loin. C’est là que j’ai réalisé que j’étais de retour. Un peu de nostalgie mais bien content en même temps. Évidemment, ça ne sera jamais aussi grand que l’expérience vécue en 2010 mais quand même, l’Inde c’est ma deuxième demeure, c’est la liberté pure, le pays des milles et une cultures, de la diversité… c’est magique quoi!

D’ici vendredi on part pour Jaïpur, au Rajasthan, pour rencontrer des agriculteurs et des fermiers… à bientôt!

Arrivé à Manali depuis maintenant 24 heures, j’ai cependant l’impression d’avoir déjà quitté l’Inde: 20 degrés Celsius, pluie incessante depuis notre arrivée et tranquillité inquiétante. Vraiment, c’est tellement silencieux qu’on se demande ce qui se passe. Mais bon, on ne s’en plaint pas!

Manali est un petit village dans les montagnes qui sert de point de départ pour bien des randonneurs. Ceux qui vont à Leh, ville à 3500 mètres d’altitude, qui nécessite un voyage en bus de 48 heures passant par la route la plus élevée au monde, montant jusqu’à 5500 mètres d’altitude, viennent de partout dans le monde. Dans un petit café sur le toit d’un hôtel, couvert d’une toile qui nous permet d’entendre la pluie tomber se mélanger à la musique d’israéliens, la communuté la plus nombreuse ici, il y a des russes, des brésiliens, des français, , américains, australiens et… un canadien! Mais bon, je représente fièrement mon pays! 😉 L’ambiance y est superbe. Ce soir, c’est le match de foot (soccer, désolé, je voyage avec un français!) à minuit, heure de l’Inde. Il y a rendez-vous dans chacun des dizaines de petit café pour écouter le match. L’ambiance sera certainement merveilleuse.

Ça fait du bien de passer quelques jours ici avant le départ, malgré que j’aie déjà l’impression d’être parti. Mes trois derniers jours à Delhi me permettront certainement de profiter de l’Inde une dernière fois. Je quitte donc Manali jeudi soir pour arriver à Delhi vendredi vers 8am. Une jolie balade en bus de 14 heures!

Une vague de chaleur au Québec?

 Haha! Ici, je suis tout content lorsqu’il fait 35, je me dis qu’enfin, on en a une fraîche. Çe ne prend même pas 4 mois pour s’acclimater à ces conditions extrêmes…

L’Inde en grève!

De bien des choses que l’on peut reprocher aux indiens, on  ne peut certainement pas leur reprocher de ne pas se manifester lorsqu’ils ne sont pas contents. Lundi, suite à une augmentation du prix de l’essence par le gouvernement, qui est d’ailleurs très cher par rapport au coût de la vie (42-43 roupies, presqu’un dollar canadien), les indiens ont décidé qu’ils ne travaillaient pas. Donc, lundi, tout était fermé, grève générale de l’Inde. Pas un magasin d’ouvert, pas un bus qui roule, pas un train qui bouge. Dans le petit village d’Old Manali, au nord de Manali, c’était très, très tranquille! Par chance, seuls les restaurants et hôtels étaient ouverts. Ce qui est spécial dans tout ça c’est qu’il s’agit d’un mouvement populaire; ce n’est pas le gouvernement qui a organisé une telle manifestation contre ses propres lois.

5 dodos…! 😦

Hey! Encore une fois désolé pour ce petit délai, les dernières semaines de mon voyage ont passé tellement rapidement que j’ai voulu en profiter au maximum. J’attends présentement un bus qui me mènera dans les Himalayas, à Manali, où je passerai 4 jours avant de retourner à Delhi pour mes 3 derniers jours en Inde. 113 jours plus tard, je remettrai finalement les pieds en sol canadien!

Comme je vous disais, ces dernières semaines ont passé très vite. Mcleod Ganj une dernière fois, du yoga à Rishikesh, Delhi et Agra avec mon cousin Guillaume, etc. Agra et son Taj Mahal sont d’ailleurs un coup de coeur. Le Taj, une des sept merveilles du monde, est très bien en soi mais son histoire le rend encore plus impressionnant. Comme ils le disent partout, il s’agit de la plus belle preuve d’amour jamais conçue par l’Homme. Mais par-dessus tout ça, ce fut une belle journée à cause de cousin Guillaume. Voir quelqu’un de la famille, à l’autre bout du monde, c’est quelque chose!

Et là me voilà, à attendre ce bus, la tête remplie de souvenirs. Hier, c’était les aurevoirs. J’ai entre autre pris un thé avec deux entrepreneurs locaux avec qui je me suis lié d’amitié. Une dernière tasse de thé… pour le moment. Parce que je leur ai promis qu’un jour prendrait un autre thé ensemble.

La veille, j’ai aussi dit aurevoir aux stagiaires avec qui j’ai partagés une maison dans le fond de l’Inde rural pendant près de 4 mois. Pas facile de se dire aurevoir mais c’est mieux que des adieux! Parce que maintenant, j’ai des amis partout dans le monde – Chine, France, Allemagne, Angleterre, etc.

De Delhi, je vous réécris pour vous raconter cette dernière semaine de vacances. Je vois les choses bien différemment après quatre mois…

À bientôt!

Ma première semaine de vacances vient de se terminer. En sept jours j’ai visité Rishikesh, cette ville que l’on qualifie comme capitale mondiale du yoga, et Delhi, que j’avais détesté à mon arrivée en Inde, à un point que j’en avais le goût de vomir juste à l’idée de penser que je devrais revenir y prendre l’avion…

Ainsi, après trois heures de train, une nuit à Chandigarh et un autre sept heures de train, jeudi soir et vendredi dernier, Maite, Jennifer et moi sommes arrivée brûlés à Rishikesh et avons pris les trois jours suivant plutôt tranquilles (en fait, nous avons pas mal pris toute la semaine tranquille). On est tout de même allés passer un peu de temps sur cette petite plage au bord du Ganga, rivière séparant la ville en deux, reliée par deux ponts suspendus réservés aux piétons. On a aussi passé beaucoup de temps dans les jolis petits cafés et pâtisseries de la ville, se remplissant le ventre de tout pleins de bonnes choses, à un point où personne ne se sent bien depuis l’arrivée à Delhi, mercredi soir.

En fait, c’est pas mal ça qu’on a fait à Rishikesh: manger de la bonne bouffe et boire des bons thés indiens. Mais bon, malgré tout ce que je peux manger depuis presque trois mois, je fonds à vu d’œil. En fait, j’ai tellement perdu de poids depuis mon arrivée que j’en ai l’air malade! Mes pantalons ne tiennent plus sans ceinture et même mes chemises sont devenues trop grandes pour moi. Cependant, je ne m’en fais pas trop avec ça: j’aurai quatre mois de poutine à rattraper à mon retour et rapidement je devrais retrouver mon  »poids santé ». 😉

Rishikesh, comme je vous ai dit, c’est aussi la capitale mondiale du yoga. Donc, en plus de manger, Maite et Jenny m’ont convaincu de m’initier au yoga. Plutôt enclin au début, j’ai fini par accepter et je dois dire que je n’ai pas détesté du tout. En fait, j’ai découvert, le week-end  dernier, une discipline physique et mentale très bonne pour la relaxation mais aussi pour l’équilibre et la flexibilité. Amis golfeurs, à mon retour on se met au yoga!

Finalement, tout raqué, ayant découvert plusieurs nouveaux muscles dans mon corps, c’est péniblement que je trainais mon sac à dos jusqu’à la station d’autobus, jeudi matin, pour un autre sept heures de bus qui allait nous mener à Delhi, cette grosse ville détestable, la pire au monde selon plusieurs grands voyageurs que j’ai rencontrés depuis deux mois et demi.

Pahar Ganj, zone de guerre!

Arrivés vers 18 :30 dans la ville, on a mis près d’une heure pour se rendre à la gare d’autobus. Cette heure, très longue, me confirmait que je devais sortir de là le plus rapidement possible. Et une fois arrivés à la station d’autobus, ça commençait : à peine débarqués du bus, les chauffeurs de rickshaws se jetaient sur nous comme des parasites et ne voulaient plus s’en aller. « Hello my friend! Where are you going! » Et Pahar Ganj, le quartier aux hôtels pas chers où on voulait dormir était trop loin, il fallait se chicaner avec eux et essayer d’obtenir un prix raisonnable. Finalement, après plusieurs longues minutes on a fini par en trouver un pas trop gourmand qui nous mènerait à destination à bon prix. Après quelques minutes on trouve un hôtel aux prix raisonnables, on s’assure que les chambres sont tout aussi raisonnables et on s’endort rapidement ; notre journée en bus nous a épuisés et on n’a plus d’énergie, pas même pour aller souper.

Il faut dire qu’on n’avait pas vraiment envie de sortir de toute façon. Les Jeux du Commonwealth prenant place à Delhi, la ville se met tranquillement en mode séduction : le métro, un Bombardier, sera achevé d’ici un mois. Dans les rues, on s’affaire à refaire les trottoirs, les rues et quelques bâtisses désuètes. Dans Pahar Ganj, quartier très touristique rempli d’escrocs et de vendeurs de n’importe quoi, on se croirait dans une zone de guerre. La rue principale – Main Bazaar – étant trop  étroite, ils sont littéralement en train « d’arracher »environ  vingt pieds des devants de tous les bâtiments de la rue. Ainsi, des tas de briques se retrouvent en plein milieu de la rue, qui est malgré tout ouverte aux autos. De chaque côté de la rue, on voit le devant des maisons. Les restaurants n’ont plus de devanture et tout ce que les travailleurs jettent au sol risque de nous tomber sur la tête. Ce soir, jeudi, juste avant de trouver mon hôtel  (je suis seul depuis ce matin, mes deux amies étant toutes les deux parties, Jenny pour deux mois en Europe et Maite avec une amie dans l’est de l’Inde), j’en ai visité un  dont le mur derrière la réception avait été démoli, on voyait donc dans la rue du deuxième étage de cet hôtel, miteux au départ. Étant toujours à un niveau d’alerte terroriste plutôt élevé, Pahar Ganj n’a plus besoin de ces agents de sécurité qui sillonnent les rues de Delhi; qui voudrait faire sauter cette place déjà démolie à l’avance!

Malgré tout ça, aussi difficile que ça puisse paraître, j’adore Delhi depuis trois jours. Et pour Maite et Jennifer, qui avaient détesté autant que moi, c’est passablement semblable. Peut-être que deux mois en Inde nous ont finalement permis de nous adapter à ce merveilleux pays ô combien souvent frustrant? C’est du moins ce que l’on pense. Parce que le bruit, je ne l’entends plus. En fait, je le trouve moins agressant qu’à Adampur. Ici, il est sourd. Il est tellement pesant que ça sonne comme une symphonie alors qu’à Adampur, en milieu rural, les klaxons sont moins fréquents et brisent le silence de façon plus sec, plus directe. Pareil pour les gens. Finalement, ils ne sont pas si pires. Ceux qui viennent me voir pour m’offrir plein de merveilleuses aubaines sur des trucs que ‘j’ai vraiment besoin’, je ne leur réponds plus et ils finissent par s’en aller. Et à la fin, Delhi est une merveilleuse ville. Quand tu arrives à te distraire de ces petits désagréments, quand tu deviens suffisamment confiant dans ce bordel désorganisé, à un point tel que la plupart des marchands ne perdent plus leur temps avec toi, tout comme ils le font avec les haitants de la ville, tu viens qu’à adorer la capitale de l’Inde. C’est un peu ce qui m’est arrivé dans les trois derniers jours. À vrai dire, je travaillerais ici – à certaines conditions, bien entendu – n’importe quand.

Présentement, il est 23 :45, jeudi soir. J’arrive de prendre un bon thé sur le toit d’un hôtel, sur la terrasse d’un petit restaurant, assis dans un fauteuil à lire un bon livre et à écouter la musique indienne s’entremêler avec les bruits de Pahar Ganj. Demain, je retourne au travail pour quelques jours (mes plans ont quelque peu changé), mais je reviens d’ici cinq à six jours pour passer une journée ou deux avec mon cousin Guillaume. J’ai vraiment hâte de revenir!  Et la bonne nouvelle dans tout ça c’est que j’accumule des journées de congé que je pourrai prendre à la fin de mon stage, à la mi-juillet. Ça me fera du bien aussi d’avoir quelques journées pour voyager avant de rentrer à la maison…

38, c’est le nombre de jours qu’il me reste en Inde. Merci à ma petite soeur préférée de ma l’avoir fait réaliser cette semaine! C’est tout un coup ça! Parce que bien que je voyais le temps passer, un mois, deux mois, je ne m’étais pas encore arrêté au nombre de jours restants, au compte à rebours. Et là, je me réveille ce matin et paf! Je commence à compter les jours. Et bien que je profiterai à fond de cette dernière partie de mon voyage, il y aura toujours ce décompte dans ma tête. Merci beaucoup Catbalou! 😉

Mais bon, comme je vous dis, je compte profiter au mximum de ces derniers 38 jours! Et pour l’instant, ça commence avec deux semaines de voyage à travers le nord de l’Inde. Un vrai ‘no where’, étant donné que je n’ai pas de plans; malgré quelques jours où je devrai suivre un itinéraire, il y aura environ 10 jours sur les 15 prochains dont je n’ai aucune idée quoi faire. Je devrai donc faire des choix entre le Taj Mahal, réserves de tigres, Jaipur, rafting à Rishikesh, camping dans un parc national et beaucoup plus. Je compte aussi me réserver quelques jours de repos où je ne ferai rien d’autre que de prendre des marches et faire des siestes à l’hôtel. Les dernières semaines ont été très épuisantes et je compte revenir de ces vacances reposé, prêt à attaquer les 3 dernières semaines de mon aventure.

Donc on se récrit de temps à autre, lorsqu’Internet me le permettra… d’ici là, bon week-end à tous, on se tient au courant!

Ce week-end, comme prévu, j’allais à Amritsar rejoindre une amie du secondaire. Malgré que ça ne me tentait pas, mais alors là vraiment pas, je retournais dans cette grosse ville sale, remplie d’arnaqueurs et où tu dois te chicaner avec les chauffeurs de rickshaw pour obtenir un prix raisonnable. Mais bon, c’est quand même cool que de retrouver une amie du secondaire en Inde! Et même si je ne l’avais revu qu’une seule fois depuis l’âge de 18 ans, on est toujours resté en contact et il n’était pas question de manquer un tel rendez-vous.

Ainsi, vers 13:00 je quittais la maison en direction de Jalandhar pour y prendre le train vers Amritsar. Bien que je n’avais pas réservé de billets à l’avance, des employés indiens nous avaient assuré, à moi et Brewen, un ami Français qui m’accompagnait, que nous pourrions acheter des billets sans difficulté à la gare de Jalandhar. Le seul problème c’est qu’il ne restait des billets que pour la classe ‘générale’. Ne sachant trop ce que c’était on a accepté, se doutant cependant que 30 roupies pour deux heures de train c’était louche…

Donc, 14:50, le train arrive. Bondé, rempli, débordant d’indiens, à un point tel que des gens étaient accrochés à des barreaux à l’extérieur du train, n’ayant que les pieds qui tenaient à l’intérieur. Par chance quelques personnes débarquaient à Jalandhar ce qui nous permettrait peut-être d’en pousser quelques uns et de se rendre  »complètement » à l’intérieur. Il fallait en pousser quelques uns parce que ce n’est pas en Inde qu’ils ont inventé la file indienne! Et voyant tous ces gens se rapprocher du train à son arrivée je savais qu’il faudrait se battre pour se frayer un chemin jusqu’à l’intérieur. Finalement, après une dizaine de minute j’arrivais à entrer dans le train. Brewen, plus timide, était toujours accroché à un barreau à l’extérieur du train. À l’intérieur, ce n’était guère mieux. Le plancher rempli, les bancs surchargés, le monde grimpait même sur les épaules des autres pour se faire une petite place sur les étagères accrochées au plafond qui normalement devaient servir d’espace pour les bagages. C’est finalement là que l’on s’est retrouvés. Riant de nous-mêmes en se regardant et se demandant ce que l’on faisait dans cette galère, pensant aux deux prochaines heures de notre vie qui s’annoncaient très longues, on se rendit vite compte que les indiens riaient aussi de nous, voyant évidemment que nous n’étions pas habitués à ce mode de transport. Un groupe de jeunes finit donc par nous inviter à les rejoindre sur un de ces espaces réservé pour les bagages. Ainsi, pour la prochaine heure on se retrouvait à discuter avec des indiens qui ne parlaient pas anglais, à prendre des photos, signer des autographes (celle-là je ne la comprends toujours pas!), échanger des numéros de téléphone et leur raconter combien de blondes est-ce qu’on a eu dans notre vie (n’ayant pas de blondes avant le marriage ça les amuse toujours de voir qu’en Amérique on sort avec tout le monde!). Bien que long, on ne pouvait pas vraiment refuser leurs demandes; grâce à eux on avait une place assise, relativement confortable. Ces jeunes débarquant à Bias, petite ville religieuse sur le chemin d’Amritsar, la deuxième heure fut beaucoup plus tranquille. On avait maintenant tout l’espace pour nous et on pouvait s’étendre et même fermer les yeux. Dans les expériences de transport, j’ai bien aimé voyager assis sur les toits d’autobus. J’aime bien me déplacer en moto avec nos employés indiens. Mais le train, dans une classe générale, c’est toute une aventure!

Arrivés vers 16:30, les quelque 20 heures passées à Amritsar furent plutôt reposantes. Visite d’un lieu historique où plus de 3000 indiens manifestant pacifiquement furent tués par les brittanniques en 1919, petit souper dans un des restaurants ‘jet set’ d’Amritsar (de loin le meilleur repas que j’aie mangé en Inde) et visite du Golden Temple, ça faisait du bien de retrouver une amie et de se raconter des histoires ‘du bon vieux temps’. Visiter le Temple une deuxième fois n’était pas mal non plus. La première fois il y avait tellement de monde qui faisait la file pour entrer à l’intérieur que j’avais abandonné après quelques minutes, voyant que j’en avais pour deux heures. Mais vers 23:00 samedi soir il n’y avait presque personne et on en a donc profité pour visiter l’intérieur. L’ambiance religieuse qui règne à l’intérieur est très…bizarre. C’était difficile, pour du monde comme nous, qui n’allons à la messe qu’à Noël ou lors de funérailles, de comprendre ces gens. Même lorsque j’étais plus jeune et que j’allais à la messe plus souvent je ne voyais jamais de gens aussi pratiquants et croyants qu’eux autres. Même les plus croyants des plus croyants au Québec ne semblent pas y croire autant qu’eux. Leur regard, attitude, sérieux… wow! I was shocked!

Retour tranquille en bus dimanche matin, escale au PFK à Jalandhar et petite sieste en fin d’après-midi, bien que j’aie voyagé durant mon week-end pour une fois je ne me présentais pas brûlé au travail le lundi matin. C’est une bonne chose en soi puisque cette semaine est très chargée. Aujourd’hui, mercredi, il ne me reste que deux jours et demi avant les vacances. Inutile de vous dire que je compte les jours, les demies journées et les heures! Comme je vous ai expliqué, j’ai bien hâte de revoir mes amies et mon cousin. Franchement, j’aurais préféré prendre mes deux semaines de vacances dans le nord, dans les montagnes. Mais je préfère encore mieux revoir mes amies pour une dernière fois avant un petit bout et de retrouver mon cousin à Delhi. D’ailleurs j’ai bien hâte de m’asseoir sur la terrasse d’un petit resto avec lui et de prendre une bonne King Fisher, bière indienne au goût pas trop pire!